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08 Novembre 2021

3 min.

Frédéric Bouchard est doyen de la Faculté des arts et des sciences et professeur titulaire au Département de philosophie. Comme tout le monde, il a vécu des périodes plus difficiles. Aujourd’hui, il s’exprime en faveur d’un campus où l’empathie et la bienveillance priment. 

« Si le fait qu’on se retrouve sur le campus est une bonne nouvelle pour plusieurs, elle l’est peut-être moins pour la personne que l’on côtoie au quotidien. Dans ce contexte, il est primordial qu’on se montre patient et patiente et qu’on fasse preuve de bienveillance envers les autres », déclare d’emblée le doyen. 

La rentrée scolaire appartient désormais au passé, mais l’adaptation à la reprise des cours en présentiel, elle, se fait de manière continue. En réponse à cela, Frédéric Bouchard, toutes les personnes membres du corps professoral et enseignant ainsi que le personnel de soutien cherchent constamment à revoir leurs façons de faire dans le but d’être d’une plus grande aide pour la communauté universitaire. 

La bienveillance, loin d’être un mot magique

Frédéric Bouchard a lui-même vécu des périodes un peu plus difficiles, tant lors de son parcours académique comme étudiant que lors de ses premières années comme professeur et jeune parent. Il ne s’en cache pas : s’il a pu passer à travers ces moments, c’est beaucoup grâce à l’aide de sa famille et de son entourage, notamment celle de ses amitiés d’université. Son plus grand souhait est que toutes les personnes qui vivent des bas soient, elles aussi, bien entourées. Pour cela, il reconnaît l’importance de leur offrir un campus universitaire où empathie et bienveillance règnent.

« Le mot bienveillance est tellement utilisé qu’on a parfois l’impression qu’il devient un mot magique.  Si on l’utilise autant, c’est parce qu’il est très important. Mais ce n’est pas tout:  la façon d’en faire preuve, elle, l’est encore plus. » 

Pour Frédéric Bouchard, la bienveillance prend forme lorsqu’une personne est en mesure de faire preuve de compassion et de patience envers elle-même et envers les autres. Pour le faire, il souligne plusieurs petits gestes, comme celui de prendre un pas de recul lorsqu’on est confronté à une réaction qu’on ne comprend pas. 

« On ne doit pas tout tolérer, mais on doit se rappeler que la personne qui a des réactions vives vit peut-être de grands défis et qu’en lui répondant avec de la colère, on ne fait qu’ajouter à ses difficultés. » 

Un discours plus ouvert et plus présent

Frédéric Bouchard défend l’idée que les universités, de par ce qu’elles sont, sont des milieux qui visent à favoriser l’épanouissement humain et qu’elles ne peuvent honorer leur mission si les personnes qui les constituent ne prennent pas soin les unes des autres. 

« Oui, il faut parler de santé mentale, mais au-delà de cela, il faut, en tant qu’université et société, prendre des actions et offrir plus d’outils et de ressources aux personnes qui en ont besoin. » 

Frédéric Bouchard reconnaît que la solution parfaite n’existe pas. Autrement, notre société l’aurait déjà appliquée. Il croit toutefois que savoir se montrer souple et faire preuve de compréhension est le premier pas vers un milieu universitaire sain. Il souligne d’ailleurs la bienveillance dont a fait preuve le corps professoral au cours des derniers mois alors que certains de ses membres ont évité de pénaliser les étudiants et les étudiantes qui remettaient un travail en retard.

« Il faut continuer de réfléchir à comment on peut en faire plus pour soutenir notre communauté étudiante et surtout, adapter notre modèle pour le faire. » 

Malgré tout, le doyen de la Faculté des arts et des sciences s’avoue soulagé et fier du chemin parcouru depuis l’époque où il était étudiant. Il espère d’ailleurs que les prochaines années permettront à l’Université de Montréal d’en faire encore plus pour offrir un milieu de vie propice à l’épanouissement personnel, avec les ressources nécessaires pour prendre soin de son monde.

Parce que tout le monde a des bas, n’attends pas avant de faire preuve de bienveillance envers les personnes de ton entourage, à commencer par toi.

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