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06 Octobre 2021

3 min.

Rayane Zahal, étudiante au doctorat en psychologie du travail et des organisations, se décrit comme étant une femme racisée. Parce qu’elle a à cœur les enjeux des communautés étudiantes marginalisées de l’Université de Montréal, elle a cofondé le comité d’équité, de diversité et d’inclusion de son association étudiante. Elle a aujourd’hui accepté de nous partager son histoire tout en insistant sur l’importance de libérer la parole.

« Il faut visibiliser différents récits et discours pour que les personnes qui vivent des situations similaires puissent s’y rattacher et se sentir moins seules. »

Rayane invite tout le monde à se montrer à l’écoute de ce que la communauté étudiante, et encore plus celle qui est marginalisée, peut vivre. C’est d’ailleurs l’une de plusieurs raisons qui l’a incitée à cofonder avec plusieurs collègues de classe, alliés et alliées, un comité équité, diversité et inclusion (EDI). Une autre de ces raisons est le fait qu’elle a elle-même déjà senti que son intégrité psychologique était menacée sur le campus. Heureusement, son entourage lui a offert suffisamment d’espace pour qu’elle puisse le communiquer.

« Je pense que le fait de me retrouver à l’intersectionnalité de deux identités marginalisées, comme femme et personne racisée, a fait en sorte que je me remette souvent en question et que je me demande si je suis à ma place. Et ce, même si j’ai eu la chance d’accéder à des programmes académiques contingentés, d’obtenir des bourses ou d’avoir un travail reconnu par mes pairs. »

Porter un masque pour ne pas déranger

Rayane, comme plusieurs personnes du campus qui appartiennent à une communauté marginalisée, a parfois adapté sa façon de parler, inhibé ses réactions ou laissé passer certaines micro-agressions par peur de déranger. Cet état d’alerte élevé, qu’on appelle l’hypervigilance, fait en sorte qu’une personne marche constamment sur des œufs afin d’évaluer les menaces. Parmi ces menaces, on retrouve les micro-agressions, que Rayane affirme d’ailleurs en avoir vécu à l’Université.

« On tient un peu pour acquis que les milieux académiques sont des milieux progressistes et sécuritaires alors que, comme partout, il se passe des choses qui, pour plusieurs, peuvent être anodines et pour d’autres, avoir un effet néfaste considérable. »

Ce qui l’a aidée? Le fait d’en parler à des proches, comme à ses amis et amies, à son conjoint et à des personnes dont le métier est de venir en aide aux personnes comme elle qui se sont parfois sentis exclues des cercles sociaux. C’est d’ailleurs lorsqu’une intervenante lui a confirmé qu’elle vivait des choses pas normales, mais que ses réactions, elles, étaient totalement légitimes qu’elle a commencé à se sentir moins inadéquate. Son expérience avec un thérapeute, et plus précisément un homme noir lui ayant fait part de sa propre expérience, l’a également grandement soulagée. Même si elle reconnaît l’importance d’aller chercher de l’aide, elle insiste sur le fait que les enjeux de santé mentale relèvent de la responsabilité collective et non individuelle.

Revoir notre discours pour qu’il soit plus inclusif

« En tant que communauté universitaire on a un devoir d’aborder ces questions avec empathie, et ce, qu’on soit un étudiant ou une étudiante, un professionnel de la santé mentale, un professeur ou une personne en situation d’autorité. Il est vraiment important de garder cette posture d’humilité pour être capable de venir en aide aux personnes qui pourraient vivre des enjeux au niveau de la santé psychologique. »

Parce que tout le monde a des bas, n’attends pas avant de t’intéresser à l’histoire de ton entourage. Prends les devants en faisant preuve de bienveillance.

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